Je n'avais pas prévu en début de saison de participer au LD de Nice mais plusieurs choses vont m'y pousser.
Tout d'abord, je suis un peu frusté après Roth début juillet de me dire que la saison est finie alors que l'été commence à peine. J'ai envie de course.
De plus, Nice c'est peu la capitale du triathlon en France et il est à présent clair que c'est la dernière édition de ce triathlon version historique avant une prise en main par la WTC. Si ajoute
à ça que pas mal de Cestadais se rendent sur place, ça me décide définitivement à m'y rendre !
Je prend l'avion en compagnie de Patrick et Thierry qui vont affronter leur 1er longue distance. On n'est pas encore parti qu'on fait déjà la course dans nos têtes.
Je ne sais pas trop ce que ça va donner car, si j'ai envie de compet, je n'ai pas envie d'entrainement depuis le retour de Roth. Je me dis que ça passera sur la lancée de la prépa précédente.
Il y a une chose qui m'angoisse particulièrement avant cette course: la natation. Il ne s'agit pas de la distance en elle même mais plutôt de l'idée que le parcours commence par une ligne droite
de 800m en direction du large !!! Je me vois mal nager aussi loin et, tout seul, il est clair et net que je n'irais pas aussi loin du bord même sous la torture !!!
Avec l'ensemble des gars du TCA, on est logé dans la même résidence. On y croise Cyril Neveu, Gilles Reboul, Audrey Cléau... Bref, du beau monde !
On va déposer nos vélos au parc et on est impressionné par la longueur de celui-ci. On est franchement les uns sur les autres et c'est un peu limite puisque, contrairement à un Ironman, on se
change à son emplacement.
La pasta c'est un peu le bordel et la guerre: ça ne vaut franchement pas une organisation Ironman et ça se confirmera en course.
Retour à l'hotel pour une nuit courte avant le départ.
C'est le grand jour. On se retrouve tous dans le hall de la résidence pour une petite séance de marche jusqu'au parc: un peu plus de 20 minutes. Il fait nuit et, dans ces conditions, la mer fait
un peu peur...
Direction la plage à présent pour le départ et, dans le flot des concurrents, on se retrouve isolé avec Thierry. Vu notre grand niveau “natatoire”, on choisit de se mettre derrière.
Le soleil se lève sur la baie des Anges. La météo est parfaite et la vue est magnifique...
Pan ! Le départ est donné et 2200 triathlète se jettent à la flotte. Ça fait du monde ! Ça me fait d'ailleurs assister à une scène surréaliste.
Vu la masse qui se jète à l'eau d'un coup, un pauvre petit poisson qui passait par là se retrouve éjecté sur les galets !!! Il a du rien comprendre !!! Le concurrent juste devant moi le prend
dans sa main et l'apporte avec lui dans l'eau.
Place à la course maintenant. Je suis placé complètement à droite et c'est justement de ce côté que se fera le 1er virage au bout de 800 mètres. Comme Patrick l'avait prédit (mais je n'y croyais
pas), la plupart des concurrents ont choisi l'extérieur et il n'y a quasiment personne sur cette ligne. Je passe donc la 1ère bouée à ras sans encombre alors que les autres passent à 3 ou 4
mètres.
Il faut à présent attaquer la longue ligne en parallèle avec la plage et là, je vais être nettement moins bon... En fait, je suis dans un paquet qui s'éloigne progressivement de la ligne idéale
pour se diriger vers le large. On va s'en rendre compte assez tard et faire un bon paquet de chemin en plus... Tant pis ! Je sors ainsi de l'eau en 1h23 alors que, ayant fait 1h12 à Roth et du
fait de la portance de l'eau sâlée, j'espérais nager en 1h15-1h16.
La transition se passe bien même s'il faut passer tant bien que mal entre des gars qui se changent au milieu des allées pour sortir du parc. La 1ère partie du vélo se fait sur le plat le long de
la promenade des Anglais. Et là, d'entrée, ça change de Roth et du bon esprit des concurrents. On est en France et ça drafte à mort, comme d'habitude. Les arbitres passent et ne disent rien.
On attaque ensuite les 1ères pentes qui vont nous amener vers le col de Vence. Je rattrape Thierry qui a une tenue vestimentaire étrange: il n'a enfilé que la bas de sa trifonction et mis un
maillot vélo pardessus. Donc le haut de la trifonction traine derrière lui: c'est chic !!! Thierry, c'est pas un grimpeur donc je pars devant.
Cette première partie est magnifique et les petites villages provençaux me coupent le soufflent par leur beauté.
On est à présent dans le col de Vence et je me sens bien. J'aperçois un maillot du TCA au loin: c'est Patrick. Je le reprendrais un peu avant le sommet. Nous allons ensuite nous engager dans une
longue descente qui va être une galère pour moi.
Je descend mal et là encore plus que d'habitude. Le fait de me faire doubler à droite et à gauche par énormément de monde me crispe encore plus. Bref, ça va mal.
Les ascensions suivantes vont également se faire dans la douleur: je suis cuit et je monte en force malgré mon 38x25... en roues de 650 !!! La dernière descente avant le retour sur Nice est très
technique avec des virages serrés. Je suis encore une fois à la rue et très mal à l'aise...
Patrick me rejoindra à la fin de la descente. Le retour est assez roulant et on se tire la bourre tous les deux. On fini même beaucoup plus vite que de raison sous le tunnel et on le paiera
cher...
Je pose le vélo et repart à pied juste devant Patrick. Pour le moment, la course ne s'est pas bien passé pour moi et je me dis donc qu'avec la course à pied, ma spécialité, les choses vont
changer. Les autres Cestadais (Eric, Nardo et Bruno) sont loin devant et Eric va même me mettre un tour alors que je commence à peine la course à pied ! Thierry et Patrick sont juste
derrière.
Je ne tiens mon allure habituelle que quelques kilomètres et je rentre très vite dans la galère. Je suis rejoins par Patrick et on va faire quelques mètres ensemble avant qu'il ne s'arrête un peu
plus longtemps que moi à un ravito. Thierry me surprend énormément car il est juste derrière.
La fin va être dure pour nous deux. En plus on croise Nardo et Eric qui, ayant fini, sont en train de revenir à l'hotel en vélo. J'arrive vraiment épuisé et je vais avoir du mal à récupérer.
Thierry aussi a eu une fin de course difficile. Ça me fait du bien de trouver une tête connue à l'arrivée. Bruno aussi est là, et depuis longtemps, mais il nous a attendu et ça, c'est bien
sympa.
Pendant un très long moment on attend Patrick et on ne comprend pas ce qui se passe. La dernière fois que je l'ai vu, il était juste derrière moi et un peu avant Thierry. Bruno va faire un tour
et le trouve à l'entrée du parc avec les médecins. Victime de problème gastrique, il a du abandonner à la fin du 1er tour.
Je suis content d'avoir au moins une fois fait Nice dans sa version originale, mais il est clair que je n'ai pas encore la caisse (ce n'est que ma 2ème saison de triathlon) pour enchainer 2
longues distances dans l'année. Je suis content, mais cuit !
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