
Comme je le craignais dans l'actu précédente, il n'y a pas eu de miracle... On ne peut pas s'aligner au départ d'une course comme l'Ironborn (surtout avec les conditions de vent que nous avons eu !) quand on a été malade toute la semaine et qu'on n'a pas passé une nuit correcte depuis plusieurs jours. Alors on se dit toujours "peut être que ça passer..." d'autant que j'étais bien à St Jean il y a 15 jours, mais je me suis bien vite rendu compte de la réalité au bout de quelques mètres de natation...
Mais revenons au tout début de la journée. Encore une nuit agitée durant laquelle j'ai "craché mes tripes", surtout au réveil. Le vent souffle fort dehors et il ne fait pas bien chaud. Direction le parc avec Thierry et Alex. On se les gèle... Les organisateurs décident de décaler le départ de 15 minutes afin que nous puissions voir les bouées. Il faut dire que, en plus de l'obscurité, le lac est très agité à cause du vent et donc, les vagues ne vont pas nous faciliter le travail. Les supporters Cestadais sont là en masse et on a déjà un premier aperçu du boulot énorme qu'ils ont effectué: de grandes affiches avec la photo et le nom de chaque triathlète du TCA sont exposées au bord du lac.
D'entrée ça ne va pas fort. Je ne trouve pas mon rythme habituel et je n'arrive pas à gérer les vagues. Je me dirige assez mal et je rejoins la première bouée en zig-zag. Toujours en train de tousser comme depuis que je suis levé, je crache tout ce que je peux dans l'eau: désolé pour les autres... Pour rejoindre la seconde bouée c'est l'apothéose: je me perd et un canöé est obligé de venir me chercher. Je fini le 1er tour à la rue et je me demande comment je vais pouvoir faire le second... Je suis balloté par les vagues (comme tout le monde) et je me demande si, à ce jeu, je ne vais pas tôt ou tard chopé le mal de mer ! Je sors tant bien que mal de l'eau en 1h12. J'ai du mal à m'extraire du lac et je me rend à mon emplacement tout doucement. Et je continue à cracher mes tripes
Je pars néanmoins en vélo en me disant que je vais me lâcher, notamment car nous avons une bonne équipe et que je suis le 3ème du club: tout devrait donc se jouer sur moi. Je boucle le 1er tour pas trop mal (enfin c'est pas terrible quand même !) mais, au 50e, j'explose complétement. Je n'ai pas de forces. Je vais finir le vélo comme je peux et je me dis que, à présent, mon unique objectif est de franchir ligne. Parcequ'il faut remettre tout ça dans le contexte: sur mes 3 derniers LD, j'ai bâché... Embrun 2005 car je n'avais pas le mental, Bisca 2005 car je me blesse et Klagenfurt 2006 sur un malaise à pied alors que j'étais en train de faire un truc. Ca ne peut plus durer donc. Je suis décidé à finir comme je peux, au mental.
Bonne résolution donc mais les 20 derniers kilomètres sont un vrai calvaire. Je rentre au parc complétement mort et avec le moral dans les chaussettes. Je me rend en marchant à mon emplacement et je me change très très lentement. Je sais que la course à pied va être une véritable galère. J'hésite donc à repartir car c'est presque du masochisme ! Je pense alors au club des supporters du TCA: ils ont bossé comme des fous pour nous et, comme on ne les a pas vu en vélo, il semble qu'ils vont être très présent à pied. Il faut que j'aille voir ça !
Allez c'est parti. Les premiers kilomètres sont très très durs. Je continue à tousser comme un damné et ça m'épuise. Jérôme et Stéphane m'accompagnent un moment et ils essayent de me remonter le moral. Chris prend le relais puis, au bout de quelques kilomètres, je lui demande de me laisser seul. Progressivement, je trouve mon rythme et, finalement, c'est le moment où je souffre le moins de la journée. Il y a des affiches à la "gloire" des Cestadais partout: c'est génial ! Les autres concurrents s'amusent à trouver qui est qui sur les photos et beaucoup m'encouragent donc par mon prénom. Les bénévoles aussi d'ailleurs. Ils ont vraiment été géniaux et ils vont jouer un rôle majeur dans le fait que j'arrive à continuer.
Au 12e kilomètre, je rentre à nouveau dans le dur, dans le très dur même je dirais. Je fini le 1er tour dans un état pitoyable et je dois avouer que j'ai beaucoup de mal à me dire qu'il faut repartir pour 15 bornes alors que je pourrais jouer la carte de la facilité et m'arrêter ici. C'est maintenant que commence la partie la plus dure de mon chemin de Compostelle... Chris m'accompagne à nouveau un moment et on croise alors Alex qui va en finir. Il a fait une superbe course et c'est enfin passé à pied pour lui. Super !
Je prend un nouveau coup au moral quand je croise Thierry qui revient en vélo. Il s'est malheureusement à nouveau blessé au mollet. Je m'étais dit qu'on allais finir ensemble. Je m'arrête 2' et on discute un peu. Hugues en profite pour me rattraper. Un peu plus loin ce sera au tour de Karl qui a une belle allure et un bon rythme je trouve. A présent, je vais beaucoup alterner marche et course. En arrivant au demi-tour, j'ai le moral qui remonte: je me dis que, maintenant, je n'ai plus qu'à rentrer. Sur le retour je croise Agnès qui a l'air super à l'aise puis Christine qui a l'air de l'être un peu moins mais qui arbore en permanence un grand sourire ! A chaque ravitos je remercie les bénévoles car ils ont été d'un grand soutien. A 4 km de l'arrivée, Chris me rejoint et va m'accompagner jusqu'au bout. Ca fait du bien de discuter un peu et de penser à autre chose que le mal aux jambes
A présent ça sent les écuries et c'est donc tout bon. A 500 m de la ligne c'est Alex qui nous rejoint et ça c'est très sympa. Il a fait une perf aujourd'hui mais pense quand même à venir soutenir les copains qui sont en galère. Les derniers mètres sont très agréables car c'est une grosse satisfaction de finir la course dans ces conditions: au mental du début à la fin. J'ai déjà fini des courses au mental mais jamais à ce point là et c'est donc une nouvelle expérience qui, je crois, m'apportera beaucoup pour la suite. Encore beaucoup de supporters Cestadais dans cette dernière ligne droite et, encore une fois, ça fait plaisir. Le passage de la ligne a une saveur toute particulière. Ce n'est pas comme mon premier long. Ce n'est pas comme Lanzarote 2005 où j'avais cartonné. Mais c'est pas loin !
On va à présent tous attendre l'arrivée de Christine et la dernière image de cet Ironborn 2006 est une belle image je trouve: une horde de Cestadais qui, à vélo ou à pied, accompagne Christine durant les derniers mètres afin de passer la ligne tous ensemble. Royal !
Passons à présent aux remerciements: un grand bravo et un grand merci aux organisateurs et aux bénévoles car vous avez fait fait un boulot exceptionnel dans des conditions difficiles (notamment à cause des manifs de dernière minute). Je trouve dommage qu'il n'y ait pas plus de monde au départ de l'Ironborn. On entend tellement de triathlètes se plaindre que le long c'est trop cher, etc... Mais quand on propose une course sympa et plus abordable, il n'y a plus personne. C'est regrettable. N'y aurait-il pas un peu trop de "Bo-Bo" dans les parcs à vélo ?
Un énorme merci à tous les supporters du TCA et particulèrement aux instigateurs du "team des supporters". Votre soutien a été primordial et prépondérant dans mon cas. Ca me permet d'ailleurs de finir sur un point particulier: une rumeur circulait depuis quelques jours au sein du club disant que j'envisageais de changer de crémerie. C'était vrai. Je suis en désaccord sur pas mal de choses concernant le fonctionnement du club mais le finish avec Christine hier résume à lui seul pourquoi le TCA est un club à part et si particulier. J'y reste donc. Il y aura peut être des choses qui n'iront pas cette année encore (Jérôme, j'ai bien dit peut être ! :-) ) mais des moments comme ça compensent largement ces petits désagrèments. A la limite, si, sur les 100 licenciés du TCA, ceux qui ont toujours une bonne excuse pour ne participer à rien ou pour se comporter comme les champions du monde des découvertes pouvaient prendre exemple sur tous ceux qui étaient présents à Bisca, ce serait super. Tout le monde peut tout faire avec l'esprit TCA !
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